Quelques heures après la démission de Mamadou Alpha Hann du Comité exécutif (COMEX) de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), les réactions continuent de se multiplier.

Parmi les voix les plus critiques figure celle de l’ancien international guinéen Abdoul Karim Bangoura, plus connu sous les initiales AKB, qui dénonce une gouvernance en crise et des dysfonctionnements persistants au sein de l’instance dirigeante.

Selon lui, la priorité de certains responsables ne serait pas le développement du football guinéen, mais plutôt la préservation d’intérêts particuliers.

« Leur priorité semble davantage être la préservation d’intérêts particuliers et de ceux qui ont recommandé ou imposé certains membres de l’équipe dirigeante, parfois en continuant à tirer les ficelles dans l’ombre », affirme-t-il.

Connu pour son franc-parler, AKB s’est également attaqué au secrétaire général de la FEGUIFOOT, Ibrahima Blasco Barry, qui a récemment assuré que les statuts de la fédération seraient respectés.

« Après la démission de l’un d’entre eux, j’entends le secrétaire général affirmer que « les statuts seront respectés ». Pourtant, ces mêmes statuts n’ont pas toujours été appliqués avec la même rigueur, sauf lorsqu’ils servaient certains intérêts », déplore l’ancien défenseur.

Pour Abdoul Karim Bangoura, les textes actuels de la fédération méritent une profonde révision afin de mettre un terme aux conflits d’intérêts.

« C’est précisément ce statut qui pose aujourd’hui problème. Il est urgent de le réviser, voire de l’amender en profondeur, afin d’éliminer les dispositions qui favorisent les conflits d’intérêts et affaiblissent la gouvernance de notre football. »

L’ancien arrière droit guinéen interpelle également le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, qu’il invite à engager un assainissement de la FEGUIFOOT.

« L’occasion est aujourd’hui idéale pour assainir durablement cette institution, mettre fin aux pratiques qui freinent le développement de notre football et demander à chacun de répondre de sa gestion. C’est un droit légitime de l’État, exercé dans le respect des lois et des règles de gouvernance », estime-t-il.

AKB se dit convaincu qu’une telle démarche, si elle respecte les textes en vigueur, ne rencontrerait pas l’opposition des instances du football africain et mondial.

« J’en suis convaincu : ni la CAF ni la FIFA ne s’y opposeront si cette démarche est conduite dans le respect des procédures, des textes en vigueur et des principes de bonne gouvernance. Bien au contraire, la transparence, la responsabilité et la reddition des comptes sont des principes qu’elles promeuvent. »

En conclusion, Abdoul Karim Bangoura estime qu’en l’absence d’une réforme en profondeur, les mêmes acteurs continueront d’entraver le développement du football guinéen.

« Tant que cet assainissement ne sera pas engagé, notre football continuera de s’enliser. Les mêmes acteurs trouveront toujours le moyen de se recycler au sein des futures instances dirigeantes, au détriment de l’intérêt général et du développement du football guinéen. »