À huit jours de l’Assemblée générale élective de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT), la cartographie politique se précise. Alors que quatre listes s’affrontent pour prendre la tête de l’instance faîtière du football national, la course semble désormais se résumer à un duel asymétrique. Entre la perte de vitesse de certains prétendants, les erreurs d’appréciation stratégiques, les règlements de comptes internes et les grandes manœuvres d’alliance en coulisses, l’écurie d’Antonio Souaré apparaît en position de force.
Des concurrents fragilisés par leurs choix et désaccords internes
La liste Lilou : la succession d’erreurs stratégiques
portée par l’ancien ministre de Alpha Conde Ibrahima Kalil Kaba, dit « Lilou », la candidature traverse une zone de turbulences décisive.
Outre une démarche jugée trop solitaire et un manque de concertation interne, un président de club de Ligue 1 analyse le tournant décisif du déclin de cette liste :
« L’échec de Lilou a commencé le jour où il a cru que Mathurin Bangoura pouvait le faire gagner, en faisant l’erreur d’écarter Bouba Sampil et son équipe. Ce jour-là, tous ses adversaires ont applaudi, car Bouba Sampil, est facilement capable de garantir 7 voix à lui seul.
Bouba et Antonio comptes incontestablement parmi les trois ou 4 figures les plus familières avec le football guinéen.
Cette rupture avec un stratège chevronné du sérail et l’incapacité de son état-major à mobiliser les acteurs de terrain ont progressivement érodé la crédibilité et la force électorale du projet de Lilou.
Le camp Mamady Doumbouya : « parachuté et poussé à l’humiliation »
De son côté, le jeune candidat Mamady Doumbouya se retrouve au cœur de vives controverses. Inconnu du sérail sportif national, son parachutisme suscite un rejet quasi unanime chez les acteurs du football.
Dans les couloirs des clubs, l’incompréhension domine, comme le confie sans détour un autre dirigeant :
« J’ai pitié pour Mamady Doumbouya. Il ne connaît pas l’environnement dans lequel il veut mettre sa tête. La FGF est une institution bien trop lourde pour lui. Il est simplement poussé par Sory Doumbouya et Séga Diallo. Personne ne le connaît dans ce milieu et on veut le parachuter.
Les membres statutaires ne l’accepteront jamais, mais ce sont Séga et Sory Doumbouya qui risquent de l’amener droit à l’humiliation. »
Cette impopularité est renforcée par un climat de suspicion interne : s’estimant trahi par Séga Diallo, Bachir envisage désormais de tourner le dos à ce bloc pour apporter son soutien à Antonio Souaré.
Une accumulation de revers qui fragilise considérablement cette liste auprès des membres statutaires, fermement opposés à toute combinaison incluant le duo Sory Doumbouya – Séga Diallo.
Le facteur Antonio Souaré : l’expérience privilégiée
Face à une concurrence fragmentée, l’ancien président de la FEGUIFOOT, Mamadou Antonio Souaré, s’impose une nouvelle fois comme la figure de rassemblement. Malgré le passif et les querelles passées, un consensus pragmatique semble se dégager au sein des grands électeurs, beaucoup estimant que son expertise et ses capacités d’investissement demeurent la garantie la plus solide pour l’avenir du football guinéen.
Mamadou Antonio Souaré a largement fait ses preuves sur le terrain managérial. L’exemple le plus frappant reste le Horoya AC : même en période de turbulence, le club conserve son ADN de champion. Une régularité au sommet qui témoigne d’une capacité de gestion hors pair.
L’axe Antonio – Bouba Sampil : l’alliance historique AS Kaloum / Horoya AC
L’élément capital de cette fin de campagne réside dans le rapprochement spectaculaire opéré entre l’état-major d’Antonio Souaré et celui d’Aboubacar « Bouba » Sampil.
Une réconciliation au sommet : En réussissant à faire parler d’une même voix le Horoya AC et l’AS Kaloum, les deux géants et éternels rivaux du football guinéen réalisent un coup de maître.
Une victoire à portée de main :
Historiquement perçus comme des « ennemis intimes » du ballon rond national, une entente formelle entre les leaders de ces deux bastions scellerait définitivement le sort du scrutin.
Si ce pacte de non-agression et de soutien mutuel est validé d’ici le 27 octobre, l’addition de leurs réseaux et de leur poids électif garantira une victoire incontestable, ne laissant plus qu’une marge de manœuvre dérisoire aux autres candidatures.
À huit jours de l’échéance, tous les voyants sont au vert pour Antonio Souaré. Sauf rebondissement spectaculaire de dernière minute, l’union sacrée des grands acteurs du football guinéen devrait faire la différence lors du décompte final.

























